Nous sommes souvent prisonniers de nos croyances limitantes, ces petites voix intérieures qui nous murmurent, d’un ton faussement bienveillant, que certaines choses sont irréalisables, trop difficiles ou hors de notre portée. Ces voix ressemblent parfois à un coach sportif sadique qui, au lieu de nous motiver, nous glisse à l’oreille : « Abandonne, va plutôt t’asseoir avec un café, c’est plus sûr. Ou va t'acheter un grec plein de sauce tu verras tu vas te régaler. »
Depuis l’enfance, notre esprit se façonne à travers les messages que nous recevons : « Ce n’est pas pour toi », « Tu n’y arriveras jamais », « Seuls les plus talentueux réussissent ». À ce rythme, on se demande comment certains ont osé inventer l’avion sans que leur grand-tante leur souffle : « Voyons, mon chéri, si l’homme devait voler, il serait né avec des ailes ! (quoi que on l'a entendue cette phrase et pas qu'une fois)» Ces idées finissent par s’ancrer en nous, créant des barrières invisibles qui nous empêchent d’oser et d’agir.
Mais bien souvent, ce n’est pas l’impossibilité réelle d’une chose qui nous arrête, mais notre croyance en cette impossibilité. Un peu comme si nous étions persuadés que le frigo est vide alors qu’il y a un dernier morceau de fromage planqué derrière la salade (entre salade et fromage, je préfère le fromage qui se rapporte à mon ramage, oui bon c'est l'inverse mais là je l'écris comme ça. Milles excuses Monsieur De La Fontaine). Si nous sommes convaincus qu’un objectif est inatteignable, nous ne ferons même pas l’effort d’essayer, et nous nous enfermerons dans une prophétie auto-réalisatrice (encore ce terme, oui parce qu'on a un effet Pygmalion ou Golem ici. Et ouiiiiiii). Pourtant, ceux qui ignorent ces supposées limites avancent sans crainte, sans le poids du doute, et parfois, c’est exactement ce qu’il faut pour réussir. Celui qui ne sait pas qu’une chose est "impossible" ne se met pas de barrières mentales ; il expérimente, tente, échoue, recommence, jusqu’à trouver la voie qui mène au succès (ou, dans un premier temps, à un nombre incalculable de gamelles).
L’histoire regorge d’exemples de personnes qui ont défié les normes simplement parce qu’elles n’avaient pas conscience des limites qu’on leur imposait. Les frères Wright, par exemple, ont osé croire au vol humain alors que la science de l’époque jugeait cela irréalisable (ou plus haut la fameuse grande tante, quoique ici c'était les comités scientifiques et le monde entier sauf les plus fous). De même, de nombreux entrepreneurs, artistes et inventeurs ont transformé leur manque de connaissances en un avantage : au lieu d’être paralysés par l’analyse excessive des obstacles, ils ont avancé avec la naïveté (et l’audace) de ceux qui ne savent pas qu’ils devraient échouer.
Cela ne signifie pas que l’ignorance est toujours une force, après tout, tenter de réparer une prise électrique sans savoir ce qu’est un disjoncteur peut offrir une expérience… disons électrisante et pétrifiante. Mais lorsqu’elle est alliée à la curiosité, à l’expérimentation et à la persévérance, elle devient un formidable moteur de réussite. Après tout, ceux qui réussissent ne sont pas toujours les plus qualifiés ou les plus expérimentés, mais souvent ceux qui ont osé essayer là où d’autres auraient renoncé avant même de commencer. Car en fin de compte, l’impossible n’est souvent qu’une illusion entretenue par la peur (un peu comme ces factures qu’on redoute d’ouvrir, alors qu’au final, elles sont… c'est faux, en fait, elles sont toujours horribles, très mauvais exemple).
Et ce premier pas, aussi insignifiant soit-il, peut déclencher une dynamique inattendue. Un simple essai peut engendrer un apprentissage, une expérience, une opportunité que nous n’aurions jamais envisagée. Chaque avancée, même minime, nous rapproche un peu plus de l’objectif, et avec le temps, ce qui semblait hors de portée devient progressivement accessible. Un jour, on trébuche, le lendemain on marche, et qui sait, peut-être qu’après-demain, on court (ou du moins, on trottine fièrement en direction du succès. A pas de bébé je te dis).
La résilience joue alors un rôle clé : se confronter à l’échec sans le craindre, voir dans chaque difficulté une leçon plutôt qu’un verdict. C’est ainsi que l’on transforme un rêve en réalité, non pas d’un coup, mais en accumulant les tentatives, en affinant nos méthodes, en renforçant notre confiance. L’impossible ne résiste pas à la détermination de celui ou celle qui persiste… et qui, surtout, ose se lancer avant de trop réfléchir aux embûches. Parce qu’après tout, si un bourdon peut voler avec son aérodynamisme douteux (tu l'as vu avec son gros corps et ses toutes petites ailes), alors nous aussi, on a toutes nos chances.
25/02/2025
H. A. M.
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